HM2F    |  Compte rendus - AIR 2011
AIR est la conférence des homosexuel-les musulman-e-s (Annual International Retreat).
Elle est organisée chaque année par l'association The Inner Circle en Afrique du Sud.

Consultez le compte-rendu de AIR 2010 en cliquant ici



       8ème conférence internationale AIR ( avril 2011)



------  Affiliation programm  -------

 

La retraite annuelle des homosexue-le-s musulman-e-s commence par deux jours de travail et de réflexions intensives a propos de l'élaboration d'un réseau international de musulmans inclusifs.

L'imam Moulana Muhsinh Hendricks nous cite le verset du Coran : " Vous êtes la meilleure communauté qui ait jamais été donnée comme exemple aux hommes. En effet, vous recommandez le Bien, vous interdisez le Mal et vous croyez en Allah " (Coran : 3.110). Il nous raconte également l’histoire du Prophète de L’Islam ASWS, et de son association qu’il aurait crée : “gilf al-khouloud”, qui regroupait des individus de toutes origines ethniques, de tous genres, de toutes sexualités, pour le bien de l'humanité. C'est là le véritable islam : la Paix universel, sans discrimination aucune.

Chantel, une psychologue sociale sud africaine, nous guide dans ce processus, pas à pas, cessions après cessions.

 

Le deuxième jour, après la prière de l'aube a 6h du matin, certain-e-s retournent dormir, d'autres vaquent a leurs occupations. L'imam Muhsinh, Ludovic, Nasreen font leur footing ensemble dans le parc de l'hôtel. A 8h, nous nous retrouvons tous ensemble pour le petit-déjeuner.

Puis à 9h, nous sommes de retour dans la salle de conférence afin d'approfondir l'élaboration de notre réseau ; le leadership de TIC est basée sur la "shura" - la collégialité. Chacun développe ainsi son point de vue sur les raisons et la façon d'élaborer ensemble un tel réseau.

Les thèmes qui ressortent : l'éthique commune, la visibilité accrue pour tous-tes les queer musulman-es, la dynamique afro-européenne, la liberté et l'indépendance de chaque organisation au sein d'une relation gagnant-gagnant.

Nous devrons également prendre en compte les différences de chacun-es des participant-es, en particulier ceux en provenance de pays arabes qui bataillent encore dur afin de pouvoir simplement exister, comme nous le dit notre sœur en provenance d'Egypte.

Nous devrons lutter, pacifiquement, contre toutes discriminations et toutes phobies sociales à l'encontre d'une minorité : en particulier l'homophobie, l'islamophobie. Tout en prenant en compte nos propres différences de points de vue et nos éventuels conflits d'intérêt. Surtout, nous devront être conscient de nos différences culturelles - certains sont "ami-es", mais ne voient pas cela comme une amitié personnelle ; certains vont parler de "l'islam" – en prenant en compte soit l'Islam comme une culture, soit l'islam comme, avant tout, une pratique spirituelle.

 

N'oublions pas la diversité de genre et de sexualité, y compris au sein de la "communauté" LGBTQIA – lesbiennes, gays, bisexuel-le-s transidentitaires, « queer », intersexué-e-s, asexuel-le-s - en particulier les transgenres et les intersexué-es qui sont nos égaux, et qui doivent être présenté-es ainsi, y compris au sein de la communauté musulmane.

Nous avons une discussion spécifique avec notre sœur Azzah – Pays-Bas - à propos de la question de l'intersexualité. Certains peuvent se sentir menacé-es dans leur identité "gay" ; certains peuvent vouloir changer de sexe et se définir en tant que "hétérosexuel-les", afin de répondre à la pression normative sociétale.

Comment resterons-nous connecté-es les un-es aux autres ? L'autodéfinition serait pour certains le concept clé qui permettra a chacun de créer sa propre identité, tout en restant connecte-es aux autres. Il y a donc une interdynamique avec les hétérosexuel-les, mais aussi une intradynamique spécifique a la communauté LGBTQIA qui doit être prise en compte, qui nécessite d'être exprimée. Nous devons ainsi ne pas négliger la communication entre nous, ainsi que l'engagement (intellectuel mais également émotionnel).

N'oublions pas que, contrairement a ce que beaucoup de gens pensent y compris au sein de la communauté LGBTQIA, le genre, la sexualité et le sexe ne sont pas toujours conforme au modèle hétéronormatif (un homme, est masculin, il aime les femmes ; une femme, est féminine, elle aime les hommes) ; cela aussi fait partie de la Création, et nous devons aimer cette diversité sanctifiée par notre Seigneur Allah, au-dessus de laquelle Il se tient toujours.

Et, contrairement a ce que l'on affirme souvent, il y a une "homonormalité", très "gay", au sein de la communauté LGBTQIA, a laquelle nous devons faire attention en construisant notre collaboration sur le long terme afin de permettre, de faciliter l'expression de toutes nos diversités individuelles ; tout en gardant a l'esprit que ce réseaux, qui n'a pas pour but de créer un nouveau carcan idéologique, devra être bâtie sur "l'interconnectivité" - de trouver les valeurs qui nous sont communes et de tracer notre "sharia" - la voie sur laquelle nous progressons - en partie au moins et pour des raisons que nous devons expliciter, ensemble.

 

 

 

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------  AIR - 9eme conférence internationale organisée par TIC  --------

 

La conférence à proprement parlé débute le jeudi 21 avril 2011, a 19h - après avoir accueilli l'ensemble des participants au comptoir d'enregistrement de la conférence.

Plus de 50 participants de 9 pays différents ; tous les intervenants sont des femmes cette année-ci : dont le docteur Amina Wadud (USA) et Siti (« docteur ») Musdah Muliah (Indonésie). L'imam Moulana Muhsinh Hendricks nous rappel la parole de Dieu qui s'adresse a l'humanité en disant : « J'étais un Trésor (caché) ; Je n'étais pas connu. Or, J'ai aimé être connu. Je créai les créatures et Je les fis connaître par Moi. Alors elles Me connurent.”

 

Gabriels, notre modérateur durant ce long weekend, nous rappel que l'alcool ainsi que les relations sexuelles réalisées dans la promiscuité sont fortement découragées par la déontologie de TIC.

 

Nous dinons ensuite a 21h.

 

 

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------ “Bridging the gap between queer and straight

(Combler le fossé entre les heterosexual-les et les “queer”) ------ Amina Wadud

 

Notre sœur Amina commence par des prières sur Allah et à propos de notre Prophète bien aimé.

 

Elle nous précise qu'elle s'apprêtait a faire une présentation très universitaire ; mais depuis qu'elle est ici, qu'elle a pu apprécier la formidable dynamique ici, elle préfère une approche interactive.

Sans compter qu'aujourd'hui elle se considère désormais comme une alliée dans la lutte pacifique pour l'égalité et la véritable fraternité, dans la diversité. Mais elle nous précise effectivement qu'elle n'a pas accompli ce chemin en une nuit.

 

Elle est très liée au sacre par ses origines : son père était un prédicateur médicateur. Elle travaille sur le Divin, en tant que savante musulmane et en tant qu'anthropologiste - elle a aussi des. En 1972 elle devient musulmane. 

Au début elle a beaucoup appris en tant que convertie et elle reçue comme beaucoup de gens, beaucoup de sheet – « des ordures » - de la part de musulmans qui projetaient leurs propres peurs sur l'islam.

 

Au début alors elle acceptait inconsciemment qu'il n'y a pas d'homosexualité dans l'islam, comme on lui avait appris. Jusqu’au jour ou elle a du travailler sur la question du "genre", en tant qu'intellectuelle et en tant que musulmane pleine d'amour pour sa foi. Alors elle a du remettre en question sa conception des LGBTQIA, notamment en travaillant sur le Tawhid – « l'unicité » de Dieu et de notre humanité -, dans une relation sans intermédiaire entre l'être humain et son Créateur.

Il est impossible, pour l'islam, que quelque soit les différences entre vous et autrui, pour l'islam il ne peut y avoir qu'une relation interindividuelle horizontale, non hiérarchique, égalitaire, fraternelle ; autrement ce serait du Shirk – « association païenne » - le pire des péché en Islam qui consiste a placer un individu entre soi et autrui.

 

En cela même certain-es musulmans, par exemple les féministes, qui sont divisées sur la question de la façon d'intégrer la conception moderne des droits de l'être humains au corpus théorique, traditionnel, islamique. Certaines musulmanes féministes pensent qu'il faut tout simplement rejeter l'islam comme religion ; l'autre extrême étant d'accepter, en tant que féministe, luttant contre l'oppression, une certaine forme de discrimination qui serait soit disant l'islam. Et cela a pris prés de dix ans a certaines féministes musulmanes pour parvenir a articuler une troisième voie.

Par exemple, elle est intervenue a une conférence islamique sur HIV/Sida ; soit disant cette maladie est une punition de Dieu pour la "Zinah" - la fornication. Elle a fait valoir le fait que pour l'immense majorité des femmes et des enfants HIVpositives, cela n'a rien a voir avec l'adultère ; bien au contraire, c'est parce que la plupart des savants dogmatiques imposent aux femmes d'avoir des relations sexuelles avec leurs maris, même si celui-ci a contracte le sida en fréquentant des prostitues... Alors c'est a cause d'une interprétation dogmatique de l'islam que ces femmes sont HIVpositives, pas en raison de leur comportement adultère. Certains participants a cette conférence la traitèrent alors de "diable en hidjab".

 

Alors elle se dit qu'elle ne voulait rien a voir avec cette islam la. Elle fit le rapprochement avec les "gays" et vit que la plupart d'entre eux, dans les pays anglo-saxons, défendaient leur identité culturelle, pas leur islam. Elle commença à les encourager à défendre aussi leurs droits au sein de l'islam.

 

 

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----  Siti Musdah Mulia  ---

 

Siti Mustah Mulia nous parle de son article à propos de l’égalité de tou-tes devant le mariage, sans discrimination de genre ou de sexualité ; la spécialiste mondiale, féministe islamique, en matière de reforme du droit de la sexualité et de l'orientation de genre, nous appel a reformer ensemble : "si l'imam Malik et Shafii l'ont fait en leur temps, pourquoi ne pourrions nous pas le faire !? ».

Elle nous rappel que le mariage est un "engagement fort" afin de construire une "vie de famille" ; l'exclusion d'une part de la dignité humaine toute une partie de nous-mêmes (...).

 

 

 

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----------  Le reste de la conférence  ------------

 

Le "problème", évidemment, avec ce genre d'expérience de groupe, c'est qu'il est impossible de la retranscrire avec des mots. Cela s'apparente le plus à une expérience autour de l'unité – TAWHID, c'était le thème de la retraite spirituelle -, ...ponctuée de séance de réflexion de groupe modérée par des psy, entrecoupées de prières en communs et de méditation – DHIKR soufi.

Tout ce que je peux vous dire, c'est que même les invité-es internationaux ont pleuré à certaines séances par la force des émotions et la sensation forte d’unité qui nous ont tou-tes parcouru-es...

Le dernier jour est consacré au mariage de l'imam Moulana Muhsinh Hendricks avec son bien-aimé - un marriage célébré par Siti Musdah Mulia.

Les photos de cette conférence sont disponibles sur le compte Facebook de Ludovic Lotfi Mohamed Zahed
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COLLECTIF CITOYEN POUR UN ISLAM DE FRANCE VÉRITABLEMENT INCLUSIF, 

& UNE LAÏCITE VÉRITABLEMENT RESPECTUEUSE DE TOUTES LES CROYANCES.

Porte-parole, L.Zahed - 2 mai 2011

Au plaisir de bientôt vous comptez parmi nous.
http://www.homosexuels-musulmans.org
homomusulmans@gmail.com


   

HM2F, notre collectif citoyen, est coordinateur international de la conférence internationale
CALEM - financée en 2012 par le conseil de l'Europe et qui reçu le prix
Pierre Guénin de SOS homophobie -,
membre de la
Fédération LGBT,
du RAVAD, de l'ILGA ;
membre des collectifs interassociatifs Pinar Selek et IPERGAY, et
membre fondateur du MTE.


Le collectif HM2F est l'aboutissement d'une collaboration fraternelle entre des homosexuel(le)s (ou des citoyens appartenant à d'autres minorités sexuelles visibles) : qu'elles ou qu'ils soient athés, de confession juive, de confession musulmane, chrétienne, bouddhiste ou autre... C'est une grande fierté !
Et nous fomentons le secret espoir à la face du Destin, que cette pluralité et ce "vivre ensemble" citoyen et collégial,
restera la pierre angulaire sur laquelle nous continuerons de bâtir nos projets communs, inch'Allah.