Respect Magazine, le Nouvel Observateur  & HM2F  |  Appel du 24 mars 2011
 
"Non au débat-procès de l'islam "

(English version below, click here)

SOMMAIRE

Communiqué de Respect Mag – 23 mars 2010

Après avoir impulsé deux Appels constructifs (« L'islam bafoué par les terroristes », puis « Musulmans citoyens pour les droits des femmes ») qui réaffirmaient l'engagement citoyen des musulmans de France, Respect Mag s'associe, cette fois, avec Le Nouvel Observateur pour dire « Non au débat-procès de l'islam ».

« Une première réponse est venue, dès le 3 mars, de personnalités musulmanes qui ont publié une pétition (1), explique Marc Cheb Sun, directeur de la rédaction de Respect Mag. Leur message n'a pas été entendu par l'UMP; la formation a jugé bon de maintenir cette initiative. Ensemble, et très largement, nous voulons réaffirmer notre refus de ce débat-procès. Notre Appel est, lui aussi, porté par des citoyens "de foi, de culture ou d'héritage islamique" (2), immédiatement rejoints par des personnalités de toutes confessions, ou sans confession, qui soutiennent activement cette démarche. »

« L’indignation n’a cessé de monter contre ce débat, voulu par l’UMP et le président de la République, expliquent nos partenaires du Nouvel Observateur. Aujourd’hui unis, religieux, simples croyants, agnostiques ou athées se mobilisent au nom de leur citoyenneté pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une « instrumentalisation » de la laïcité.»

L'Appel « Non au débat-procès de l'islam » sera publié jeudi 24 mars dans Le Nouvel Observateur.

Respect Mag et Le Nouvel Observateur appellent désormais chaque citoyen à le signer massivement sur www.respectmag.com et www.tempsreel.nouvelobs.com

1. Voir Le Monde du 03/03/2011, puis sur Oumma.com.
2. Bariza Khiari, sénatrice de Paris, Bouchera Azzouz, militante féministe, Anne Esambert, haut fonctionnaire, Ousmane Ndiaye et Marc Cheb Sun de Respect Mag.

 

 

 

Appel : Non au débat-procès de l’islam 


« Nous, citoyens français de foi, de culture ou d’héritage islamique, immédiatement rejoints par des citoyens de toutes confessions ou sans confession, appelons le Président de la République et le gouvernement à renoncer au débat sur la laïcité et la place de l’islam en France, que l’UMP veut lancer le 5 avril.

Dans un climat de forte poussée de l’extrême-droite, après le fiasco du débat sur l’identité nationale, qui a libéré la parole raciste, nous estimons ce nouveau débat biaisé, stigmatisant et susceptible de mettre en péril une cohésion sociale déjà largement mise à mal par la politique actuelle.

Alors qu’un formidable mouvement d’élan pour la démocratie a lieu dans les pays musulmans, nous dénonçons ces procès récurrents de l’islam et de tous ses représentants – ou désignés comme tels –, ainsi que cette instrumentalisation grossière du principe de laïcité.

Religieux, croyants ou non-croyants d’héritage islamique, mais citoyens avant tout, nous tenons à réaffirmer haut et fort nos convictions républicaines et laïques. Nous faisons aujourd’hui entendre notre voix unie, parce que nous refusons d’être des boucs émissaires, victimes de stratégies électoralistes pernicieuses. Nous sommes et exigeons d’être considérés comme des citoyens à part entière et non comme des « individus entièrement à part ».

Aussi, nous invitons tous les citoyens français à nous rejoindre, pour refuser cette France des « eux » et des « nous » et créer ensemble un avenir commun. »

signez en ligne, merci de cliquer ici

Les initiateurs de l’Appel

Bouchera Azzouz, militante féministe

Marc Cheb Sun, fondateur et directeur de la rédaction de Respect Mag

Anne Esambert, haut fonctionnaire

Bariza Khiari, sénatrice de Paris, vice-présidente de l'Assemblée des parlementaires de la Méditerranée

Ousmane Ndiaye, journaliste à Respect Mag

 

 

 

 

 

Parmi les premiers signataires *

Farid Abdelkrim, artiste de stand-up

Abd al Malik, rappeur et écrivain

Raymond Aubrac, ancien résistant

Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste

Esther Benbassa, universitaire

Ghaleb Bencheikh, président de la Conférence mondiale des religions pour la paix

Yamina Benguigui, réalisatrice

Tahar Ben Jelloun, écrivain

Pierre Bergé, entrepreneur et mécène

Abdennour Bidar, philosophe

Didier Billon, rédacteur en chef de la Revue internationale et stratégique

Jane Birkin, comédienne et chanteuse

Pascal Blanchard, historien

Pascal Boniface, directeur de l'IRIS

Hamou Bouakkaz, adjoint au maire de Paris

Marouane Bouloudine, président de MOSAIC

Alima Boumediene Thiery, sénatrice (Europe-Ecologie-les Verts)

José Bové, député européen (Europe-Ecologie-les Verts)

Saïd Branine, directeur d’Oumma.com

Cabu, dessinateur

CCIF: Collectif contre l’islamophobie en France

Monique Cerisier Ben Guigua, sénatrice des Français de l'étranger

Malek Chebel, anthropologue et philosophe

Madani Cheurfa, secrétaire général du CEVIPOF

Catherine Clément, philosophe et écrivaine

Daniel Cohn-Bendit, sénateur (Europe-Ecologie-les Verts)

Mohamed Colin, directeur de la rédaction de Saphirnews

Christian Delorme, prêtre du diocèse de Lyon

Rokhaya Diallo, auteure

Fayçal Douhane, Membre du Conseil national du Ps, président du club Polethique

François Durpaire, historien

Ezzedine El Mestiri, Fondateur et Directeur de la rédaction du Nouveau Consommateur

Laurent Fabius, député PS de Seine-Maritime

Olivier Ferrand, président de Terra Nova

Azzedine Gaci, président du CRCM Rhône-Alpes

Vincent Geisser, sociologue

Nasser Haidari, adjoint au maire de Marseille

Mohammed Harbi, historien
Bétoule Fekkar Lambiotte, fonctionnaire international

Dan Franck, écrivain
Imhotep, architecte musical du groupe IAM

Larbi Kechat, recteur de la mosquée Adda'wa

Saad Khiari, cinéaste-auteur

Patrick Klugman, avocat

Jean Lacouture, écrivain et journaliste

Patrick Lozès, président du CRAN

Laurence Méhaignerie, présidente de Citizen Capital

Fadila Méhal, présidente des Marianne de la diversité

Karim Miské, réalisateur

Gérard Mordillat, romancier et cinéaste

Edgar Morin, sociologue et philosophe

Pap Ndiaye, historien

Tareq Oubrou, grand imam de Bordeaux

Olivier Py, metteur en scène et dramaturge

Jean-Michel Quillardet, président de l'Observatoire international de la laïcité,

Tariq Ramadan, universitaire

Véronique Rieffel, directrice de l’Institut des cultures d'Islam

Olivier Roy, islamologue

Hafid Sekhri, membre du CRCM-Rhône-Alpes, chargé du Dialogue inter-religieux

Benjamin Stora, historien

Fodé Sylla, président de la Fédération internationale SOS-Racisme

Christiane Taubira, députée de Guyane

Jean-Claude Tchicaya, porte-parole de Devoirs de Mémoire

Lilian Thuram, ex-footballeur

Françoise Vergès, historienne

Ludovic Lotfi Mohamed Zahed, porte-parole de HM2F (Homosexuels musulmans de France)

 

 

* Retrouvez tous les signataires sur www.respectmag.com

Contact :

Marjolaine Benard : marjolaine.benard@groupe-sos.org 01 58 30 55 34 / 06 30 30 34 84.


Une pluralité assumée

28 Mars, 2011
Par: Marc Cheb Sun, directeur de la rédaction

Depuis notre premier Appel ("L'islam bafoué par les terroristes", janvier 2011) notre cohérence réside dans l'affirmation d'une pluralité de l'islam de France. Croyants, pratiquants ou non, religieux, non-croyants (partageant avec eux un héritage, une culture ou le simple regard d'une société qui les identifie comme musulmans), tous ont voulu témoigner, dénoncer, agir ensemble.

Confortant l'expression de cette pluralité (celle-là même que ne supportent ou ne tolèrent les fondamentalistes), Tariq Ramadan nous a rejoint sur ce premier Appel ; Il a donc été sollicité, comme les autres signataires, sur les suivants. Certains dénoncent ce pacte, d'autres se réjouissent de cette démarche. Beaucoup nous rejoignent, dans une réelle diversité de parcours et de positionnements. Et signent sur un engagement, celui que, de manière très précise, notre texte exprime, et celui que notre pluralité révèle.

Les fondamentalistes n'ont jamais accepté la diversité : elle les dérange, elle menace leurs certitudes et leurs prêts-à-penser.

Se polariser sur la signature de Monsieur Ramadan, c'est oublier que sa présence dans nos Appels se situe aux côtés de différentes sensibilités musulmanes, aux côtés du fondateur du Collectif des homosexuels musulmans de France, aux côtés de personnalités qui, paisiblement, affirment leurs choix areligieux, athées ou agnostiques, lorsque certains, de par le monde, considèrent cette position comme un acte criminel.

Voilà notre pluralité. Voilà sa force, voilà son énergie. Et son aboutissement réside dans la rencontre, le soutien, et l'expression d'une démarche commune avec des citoyens de toutes origines, de toutes (ou sans) confessions.

A lire en ligne ici






Tariq Ramadan et les homosexuels musulmans de France

Nous, membres du collectif citoyen des homosexuel-le-s musulman-e-s de France - HM2F - sommes des musulmans de France à part entière. A plus d'un titre nous participons, au quotidien, à la lutte contre toutes formes de discriminations, dans le respect de la diversité, notamment celle des confessions, des genres et des sexualités, toujours en accord avec l’esprit des principes d’une république une et indivisible.

C'est la raison pour laquelle nous avons signé, le 25 mars dernier, l'appel de Respect Magazine et du Nouvel Obs contre un autre débat à propos de valeurs laïques que nous partageons tous ; un débat qui prendrait encore une fois l'islam comme sujet principal de préoccupations. Nous refusons que notre lutte pacifique pour le respect de nos droits élémentaires, en tant qu’individus appartenant de fait à une minorité sexuelle désormais visible, soit utilisée afin d’instrumentaliser de manière politique un débat autour d’islam et laïcité.

Nous, homosexuels musulmans de France prônons l'autodétermination que chacun doit réaliser, librement, en fonction de son héritage culturel et cultuel et cela afin d’atteindre à son bien-être individuel, dans le respect de la pluralité inhérente à notre communauté républicaine française. Pour autant nous pensons qu’il est primordial d’engager ce dialogue avec le plus grand nombre, y compris avec ceux des musulmans européens comme Tariq Ramadan, qui dit vouloir travailler désormais à « l’intégration des minorités au sein de l’islam » ; des musulmans qui doivent, de notre point de vue, évoluer comme le reste de la société sur la question de l’égalité des droits accordés aux minorités sexuelles.

Nous, qui sommes à l’avant-garde de la réflexion à propos d’une conciliation désormais possible entre foi religieuse et liberté individuelle, prônons ainsi le dialogue avec l’ensemble des forces intellectuelles, associatives, religieuses, qui veulent faire barrage à la montée de tous les extrémismes, de tous dogmatismes religieux ou laïc qui enferment l’islam dans une caricature ; caricature qui ferait des musulmans par essence des citoyens misogynes et homophobes. Nous voulons élaborer de concert un vivre ensemble véritablement fraternel, égalitaire, laïc, en un mot républicain.

Ludovic Lotfi Mohamed Zahed – fondateur et porte-parole de HM2F,

Collectif citoyen des homosexuel-le-s musulman-e-s de France.






Comment créer une « umma » ?


Voici notre article-communiqué de soutien à l’appel de « Respect Mag » contre le débat-procès sur l’islam car même si nous défendons la critique acerbe de cette religion, nous critiquons tout autant son instrumentalisation criminelle, a fortiori quand on a retenu les leçons de l’Histoire…

La laïcité menacée ?

Si la laïcité française était un être vivant, quel serait-il ? Une abeille certainement, menacée d’extinction aujourd’hui par les apprentis sorciers qui président à nos destinées.

Un ensemble hétéroclite d’intellectuels, d’observateurs de notre société, de défenseurs de la laïcité tels que les réseaux maçonniques, la Libre Pensée, la Ligue des Droits de l’Homme et d’autres, avaient pointé du doigt en France depuis plusieurs années des atteintes à ce socle commun qui nous permet d’être ce que nous voulons, de croire à ce qui nous fonde intimement et de l’exprimer sans que l’Etat et ses représentants ne s’en mêlent (dans les contours permis par la loi, il va de soi).

Aujourd’hui, face à la création d’un parti ouvertement musulman au sein de l’UMP (le Parti des Français Musulmans) et au lancement de ce « débat-procès » sur l’islam dans un contexte sociétal à haute tension, attisé par la montée de tous les replis sur soi et de l’instabilité pécuniaire du lendemain, nul besoin d’être expert en laïcité pour s’apercevoir qu’elle est bafouée symboliquement par ceux-là même qui sont censés l’appliquer déjà à eux-mêmes.

C’est pourquoi nous – fondateurs du Réseau « Les Cercles réformistes » – saluons et soutenons l’appel de « Respect Mag » appelant au rassemblement du plus grand nombre ce samedi 2 avril, place de la République à 14h30.

Un communautarisme d’en haut ?

Au-delà de l’actualité de cet appel salutaire, nombre d’acteurs travaillant sur les questions d’islam (religion et/ou culture) dont nous-mêmes avions déjà soulevé le fait qu’il n’existait pas aujourd’hui de « umma » ou « communauté musulmane unifiée » en France mais des « sociabilités musulmanes » ou des « communautés musulmanes ». En effet, dans cette galaxie de l’islam, chacun navigue à vue avec les siens, nulle unité dans la diversité des positionnements mais des intérêts divergents, des plus louables aux plus méprisables ; sans oublier l’écrasante majorité des sans-voix qui ne s’expriment que trop peu voire pas du tout (non pratiquants, homosexuels et autres « minorités » au sein de l’islam, réformistes, électrons libres, musulmans « sociologiques », etc.).

Toutefois, face à la promotion d’un communautarisme d’en haut, les choses pourraient bel et bien changer. Et elles ont déjà changées, il suffit pour s’en convaincre d’observer la diversité des signataires du précédent appel de Respect Mag « L’islam bafoué par les terroristes » (12 janvier 2011) et du dernier en date « Non au débat procès         de l’islam » (23 mars 2011) : rassembler pour une cause commune le slameur Abd al-Malik, l’écrivain Farid Abdelkrim, le présentateur de l’émission « Islam » sur France 2 Ghaleb Bencheikh, l’intellectuel Tariq Ramadan, le recteur Dalil Boubakeur, l’imam de Bordeaux Tariq Oubrou, le philosophe Abdennour Bidar et le porte-parole des Homosexuels Musulmans de France Ludovic Lotfi Mohamed Zahed eût été quasi impossible auparavant.

A qui profite le crime ?

Pour l’instant, force est de constater que c’est le Front National qui bénéficie des retombées de l’opportunisme politique de nos élites et au sein des communautés musulmanes ce sont les individus et groupes désireux de créer une « communauté forte » pour faire « comme tout le monde fait » ! Dans tous les cas c’est l’universel qui est le grand perdant de l’affaire et nous ne sommes qu’au prélude d’une histoire qui s’écrit à la nanoseconde.

Mais nous pouvons également prendre notre destin en main à l’image des peuples du Monde arabe et faire l’hypothèse inverse : à toute chose malheur est bon, cette mise à l’index peut également permettre de faire émerger une nouvelle conscience avec toutes celles et tous ceux qui auront désormais chacun leur mot à dire concernant cet islam (religion et/ou culture) qui est désormais partie prenante du destin de l’Europe. Une conscience profonde d’un changement de paradigme se remarque déjà ci et là, se fait jour, et elle dépasse de loin les clivages pratiquants/non pratiquants, homosexuels/hétérosexuels, hommes/femmes, libéraux/conservateurs. Il s’agit d’une véritable envie de « métamorphose », pour reprendre Edgar Morin.

C’est pourquoi nous partageons pleinement et citons ci-après l’appel contenu dans les propos de Ludovic Lotfi Mohamed Zahed dans son article récent sur SaphirNews (http://www.saphirnews.com/Tariq-Ramadan-et-les-homosexuels-musulmans-de-France_a12380.html) : nous « prônons ainsi le dialogue avec l’ensemble des forces intellectuelles, associatives, religieuses, qui veulent faire barrage à la montée de tous les extrémismes, de tous dogmatismes religieux ou laïc qui enferment l’islam dans une caricature ; caricature qui ferait des musulmans par essence des citoyens misogynes et homophobes. Nous voulons élaborer de concert un vivre-ensemble véritablement fraternel, égalitaire, laïc, en un mot : républicain ».

Auteur : Les fondateurs du réseau.

Source : Les Cercles réformistes.

Date de publication : jeudi 31 mars 2011.

A lire en ligne ici







C'est l'islamophobie qui fait le musulman

Le secrétaire général de l'UMP et le président de la République l'ont annoncé, nous allons avoir droit à un nouveau débat sur l'islam en France. Si l'on se fie aux calamiteux précédents de l'identité nationale et de la burqa, nous pouvons encore une fois nous préparer à devenir la cible des préjugés anti-musulmans les plus primaires exprimés sans aucune retenue par une certaine frange de nos compatriotes, des couches populaires aux intellectuels et aux cercles dirigeants. Ce rejet pathologique de tout ce qui a trait à l'islam que l'on appelle fort justement islamophobie, vise indistinctement toute personne perçue comme musulmane, qu'elle soit croyante, agnostique ou athée, ce qui doit nous amener à repenser la figure du "musulman" exactement comme l'antisémitisme des dix-neuvième et vingtième siècles, avait amené Jean-Paul Sartre à redéfinir celle du "juif". En 1944 le philosophe existentialiste écrivait : "C'est l'antisémite qui fait le juif." En 2011, on peut énoncer : "C'est l'islamophobe qui fait le musulman."

Car dans la France contemporaine, qu'est-ce qui unit le pieux ouvrier à la retraite algérien, le réalisateur athée franco-mauritanien que je suis, l'employée de banque peule soufie de Mantes-la-jolie, l'éducatrice bourguignonne convertie à l'islam et l'infirmier agnostique qui n'a jamais mis les pieds à Oujda d'où viennent ses grand-parents ? Qu'est-ce qui peut bien nous rassembler sinon le fait de vivre au sein d'une société qui nous tient pour musulmans ? Et qui nous rappelle chaque jour – lors des conversations à la machine à café, des flashs d'info, de la lecture des magazines – que nous portons une part de responsabilité dans des phénomènes aussi fondamentaux pour l'avenir de la nation que la burqa ou la prière dans la rue. C'est potentiellement de notre faute si le pacte républicain est mis à mal. Si l'identité de la France est en danger. Et accessoirement si les fillettes afghanes ne vont pas à l'école ou s'il est interdit de bâtir des églises en Arabie saoudite… Tout cela parce que nous sommes porteurs d'un faciès et/ou d'un nom "visiblement" musulman, ou, pire encore, car nous avons eu l'idée saugrenue de nous convertir à l'islam.

Bien sûr, il nous est loisible de feindre l'indifférence, de nous présenter comme des Français, laïques et républicains, amoureux exclusifs de nos terroirs et de nos territoires. Mais combien de temps pouvons-nous sérieusement tenir cette position volontariste alors que nous sommes à tout moment renvoyés à cette identité de Musulmans ? (Et j'écris ce mot avec un M majuscule car il s'agit bien ici d'une catégorie identitaire d'un nouveau type, constituée par le regard de la société indépendamment du rapport à la religion de chacun de ses membres.)

LA PLACE DE L'AUTRE

Dans ses Réflexions sur la question juive, Sartre fait la distinction entre ce qu'il appelle les Juifs "authentiques" et "inauthentiques". Les Juifs authentiques sont ceux qui prennent en compte le regard de la société sur eux, les inauthentiques, ceux qui font comme s'il ne les affectait pas. En tant que Musulmans de France et d'Occident, nous sommes aujourd'hui placés devant ce même choix existentiel entre l'authenticité et l'inauthenticité. Un choix qui n'a rien à voir avec l'appartenance religieuse, le rapport à l'histoire ou les références culturelles de chacun. Il s'agit juste, pour enfin reprendre possession de nos existences diminuées, de penser et d'agir, non pas, comme on nous l'intime, en nous coulant dans le moule d'une pseudo-universalité républicaine qui n'est plus maintenant qu'un mensonge usé jusqu'à la corde, mais bien à partir de la place qui est réellement la nôtre. Cette place du Musulman a pu être au cours de l'histoire celle du Protestant, du Juif, du Noir ou du Rom. C'est tout simplement la place de l'Autre, celui par rapport auquel la société majoritaire tente de se définir. Celui qui la fait vaciller dans son identité lorsque la différence semble sur le point de s'évanouir.

Etre un Musulman "authentique", en France aujourd'hui, ce n'est rien d'autre que cela : assumer cette place paradoxale de l'Autre en-dedans. Et à partir de là, affronter le regard qui nous aliène. Le combattre, ce regard provenant des secteurs de la société les plus réfractaires à son évolution, en prenant appui sur ce qui est devenu notre vécu quotidien. Car, croyants et incroyants, attachés aux cultures "d'origines" ou pas, tous nous savons ce que c'est d'être Musulman en France. Et nous n'en pouvons plus d'être insultés chaque jour par ceux qui nous gouvernent, nous refusons que des journalistes en manque de sensations, des polémistes à la pensée malsaine, et des politiciens manipulateurs se servent de nous pour obtenir audience, renommée et suffrages. Nous ne voulons plus entendre de doctes commentateurs dire à notre place ce que nous vivons, éprouvons et pensons.

Cette place de Musulmans qui nous est assignée, il ne nous reste plus qu'à l'occuper pleinement et en conscience. Et à partir de là, à entreprendre de "nous" libérer, donc de "vous" libérer. Tout comme l'ont fait avant nous les Noirs américains, les femmes du monde entier, les homosexuels. Tout comme le feront après nous toutes les catégories de population forcées par une société aliénée à vivre une citoyenneté incomplète et sous surveillance.

Karim Miské, réalisateur (notemment de la trilogie de documentaires "Musulmans de France")








Acte de Naissance - Collectif MTE




Enseignants et parents sont censés collaborer, et former, avec les élèves, le « triangle de la co-éducation » dans le primaire et le secondaire. Les parents participent, tout au long de l’année, aux conseils de classe, aux conseils d’orientation, aux journées portes ouvertes, et aux sorties scolaires. Certaines écoles ont commencé à interdire cette participation à certaines mères au motif qu’elles « portent un foulard » !
Certains directeurs et proviseurs inventent des interdictions tout aussi illégales et préjudiciables, cette fois aux élèves ; par exemple, des directeurs prohibent les jupes longues pour certaines  jeunes filles quand ils savent qu’elles sont musulmanes.

 

Ces mesures qui ne sont pas seulement vexatoires mais aussi préjudiciables à l’éducation des enfants, s’ajoutent à l’ensemble des discriminations subies dans tous les domaines par les citoyen.ne.s de confession musulmane tout au long de leur vie.

La loi de 1905 et la Constitution sont formelles sur ce point : ces attaques contre les droits citoyens pour raisons religieuses sont illégales.

Elles interviennent en même temps que le « débat » sur l’islam et la laïcité, et dans le prolongement des lois du 15 mars 2004 sur le foulard  (dite « loi sur les signes religieux ») et du 12 octobre 2010 sur le niqab (dite « sur la dissimulation du visage dans l’espace public »).

 

Devant cette offensive islamophobe, constante et générale, des luttes sont menées, mais leur caractère local et ponctuel est aussi un risque d’isolement.

FACE A CES ATTAQUES GLOBALES, ORGANISONS UNE RIPOSTE GLOBALE

 

 

    ▪ Si la majorité des enseignants n’imagine pas une minute d’exclure les mères voilées de la vie de l’école et que beaucoup au contraire trouvent en elles des interlocutrices responsables et précieuses, d’autres enseignants voient, au contraire, leur foulard comme un motif d’exclusion.

    Jusqu’à présent, tant l’ancien ministre de l’Education nationale, X. Darcos, que la HALDE, avaient réaffirmé que la loi de 2004 sur le foulard (elle-même contestable), ne s’applique pas aux parents. Mais avec Jeanette Bougrab à la Halde et Luc Chatel à l’Education nationale, tout a changé : M. Chatel annonce un décret qui obligerait les mamans à la neutralité …en les assimilant à des fonctionnaires (moins le salaire évidemment).

    C’est pourquoi nous disons aujourd’hui au gouvernement et à l’UMP que TROP c’est TROP !

    ▪ Assez de pseudo-règlements qui désorganisent les sorties scolaires et la collaboration entre parents et enseignants ! Assez de ces pratiques, à l’école, qui se font  au détriment des enfants : alors que certains responsables politiques parlent de manière récurrente de « parents démissionnaires », on assiste ici à des cas où ce sont les parents les plus assidus qui sont « démissionnées » !

    ▪ Cette énième attaque contre les Musulman.e.s met à nu l’hypocrisie des arguments avancés en 2003 et 2004 : laïcité, lutte contre le sexisme, pérennité du service public de l’enseignement, etc.

    Assez de faux prétextes ! Nous refusons que le gouvernement crée un droit d’exception pour les Musulman.e.s !

L’extension continue de la chasse aux Musulman.e.s. appelle une lutte ambitieuse : mobilisons-nous  contre les discriminations dont sont victimes des mères musulmanes, et plus largement contre toutes les attaques islamophobes et toutes les formes de racisme.

Pour organiser ensemble la riposte, rejoignez le collectif mamans toutes égales, constitué à l’appel de mères d’élèves musulmanes, d’individu.e.s et de militant.e.s des organisations et associations suivantes : CCIF, Collectif une Ecole Pour Tou.te.s, Collectif Féministe Pour l’Egalité, EFIGIES, HM2F, Les Indivisibles, LMSI, NPA, PIR, UJFP.

Contact : collectif.mte@gmail.com
Blog officiel : http://mamans-toutes-egales.tumblr.com/actedenaissance






Lettres  d'interpelation  aux  candidats
 -  élection présidentielle de 2012



2012/02/09 - Lettre d'interpellation aux candidats

publié le 11 févr. 2012 06:14 par Mamans Toutes Egales   [ mis à jour : 7 mars 2012 05:23 ]
Téléchargez cette lettre au format pdf !

Retrouvez les contacts :
- des candidats et candidates ICI
- de l'Assemblée nationale ICI
- du Sénat ICI
- du Parlement européen ICI
-  des fédérations socialistes PS ICI
- des fédérations UMP ICI
- des fédérations du MoDem ICI
- des fédérations du Parti de Gauche ICI
- des fédérations du PCF ICI
- des fédérations du FN ICI
- des fédérations de République Solidaire ICI
- des conseils généraux départementaux ICI
Communiqué MTE du 11 avril 2012
Madame, Monsieur,


Le 9 février 2012, le collectif Mamans Toutes Égales a commencé une campagne d’interpellation des candidats à la présidence de la république [1]. Nous avons demandé aux candidats de se positionner sur les discriminations que subissent les femmes portant le foulard. Seuls Eva Joly, François Bayrou, et Nicolas Dupont-Aignan ont répondu. Où sont donc passés LO, le Front de gauche, le PS, l’UMP et le FN ? Nous attendons toujours une réponse de Philippe Poutou alors que des militants du NPA font partie du collectif et que le NPA est signataire de notre pétition [2].


Parmi les réponses [3], celle d’Eva Joly est la plus fidèle aux lois : « les écologistes restent fidèles au contenu de la loi de 1905 qui appelle au respect de toutes les religions, de l'islam inclus ». Elle précise que « refuser aux mères [le droit d’accompagner leurs enfants aux sorties scolaires et d’être élues représentantes des parents d'élèves] au prétexte qu’elles portent un foulard est une discrimination évidente. »
Mais elle ne condamne pas les deux premiers articles du projet de “loi anti-nounous”  visant à interdire aux femmes voilées les emplois du secteur privé de la petite enfance, se contentant de rappeler que « l'article 3 de cette loi [...] est contraire au code du travail en France ».

Nicolas Dupont-Aignan a quant à lui sérieusement besoin d’un cours sur la laïcité : « Pour ma part, je considère que, dès l’instant qu’une sortie est organisée dans le cadre scolaire et à l’initiative de l’institution publique, les accompagnateurs, enseignants ou parents, doivent respecter les dispositions de la loi de 2004 et conserver une apparence de neutralité », écrit-il. Sa position manifeste une ignorance de cette loi de 2004, ainsi que de la Constitution. Il affirme : « La Constitution de la Vème République est formelle : la république respecte toutes les croyances, mais celles-ci doivent s’exercer exclusivement dans la sphère privée » – une stipulation qu’il a purement et simplement inventée.

Enfin, François Bayrou, le premier à avoir souhaité exclure les élèves portant le foulard de l’école [4], adopte aujourd’hui une position plus nuancée : « Non, je n’interdirais pas à une mère qui porte le foulard d’accompagner des enfants lors d’activités périscolaires ou d’être élue représentante des parents d’élèves. »
Il reconnaît aussi que légiférer pour « interdire le port du voile dans les structures privées d'accueil de la petite enfance [...] revient, en fait, à montrer du doigt certaines femmes musulmanes dans notre pays. » Mais il se contredit et contredit les textes sur la liberté d’expression en disant plus loin : « ce n’est pas parce que vous croyez en quelque chose de tout votre être que vous avez le droit de l’imposer aux autres dans les lieux publics », tendant donc à interdire la manifestation des opinions en public, au moment même où il manifeste les siennes sur toutes les chaînes de télévision.


Nous rappelons aux candidats que dans aucun texte de loi – national ou international – la liberté d’expression n’est restreinte au “privé”. Dans tous, la liberté d’expression de toute opinion est garantie de façon expresse en public comme en privé. L'article 9 de la Convention européenne des droits humains, un des textes majeurs qui garantissent les droits fondamentaux et qui a force de loi chez nous depuis que la France l’a ratifiée, définit la liberté de pensée, de conscience et de religion qui comprend « la liberté de manifester sa religion ou ses convictions, individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites ». Ce texte, comme la Déclaration universelle de 1948, ne fait aucune différence entre les convictions et les religions : celles-ci ne doivent pas être traitées différemment des autres convictions.

Nous demandons donc aux candidats de lire ces textes et de changer leurs déclarations en conséquence.


***
[3] Retrouvez les réponses intégrales des candidats en ligne sur notre site : http://www.mamans-toutes-egales.com/hot-news-1/nos-actions/201204-reponsesdescandidatsetcandidates
[4] circulaire numéro 1649 du 20 septembre 1994

Collectif MTÉ - Mamans Toutes Égales
ENGLISH





Press release of Respect Mag – 23th of March 2011

After two constructive appeals ("Islam violated by terrorists," and "Muslim citizens for women's rights") which reaffirmed the citizen commitment of Muslim of France, Respect Mag, this time with Le Nouvel Observateur, says "No to debate-trial about Islam."

"A first response came early this 3rd of March, from Islamic personalities who have published a petition (1), says Marc Cheb Sun, manager of Respect Mag. Their message was not heard by the UMP (the political party of the actual president, Nicolas Sarkozy); the party wanted to maintain this initiative. Together, and very broadly, we reaffirm our rejection of this debate-trial. Our call is also carried by citizens "of Islamic faith, culture or heritage" (2), immediately joined by persons of all faiths or no faith, who actively support this approach. "

"The outrage has continued to go up against this debate, wanted by the UMP and the president of the republic, says our partners of Le Nouvel Observateur. United today, religious, simple believers, agnostics or atheists are mobilized on behalf of their citizenship to denounce what they see as a "manipulation" of secularism. "

Appeal "No to debate-trial about Islam" will be published Thursday, March 24th in Le Nouvel Observateur.
Respect Mag and Le Nouvel Observateur now call every French citizen to massively sign online www.respectmag.com or www.tempsreel.nouvelobs.com


1. See Le Monde, 03/03/2011, then Oumma.com.
2.
Bariza Khiari, Senator of Paris, Boucher Azzouz, feminist activist, Anne Esambert, a senior state official, Ousmane Ndiaye and Marc Cheb Sun Resepct  Mag.

 

 

Appeal "No to a debate-trial about Islam"

"We, French people of Islamic faith, culture or heritage, immediately joined by citizens of all faiths or no faith, call on the President of the Republic and the government to abandon the debate about secularism and the place of Islam in France, the UMP shall start April the 5th.

In a climate of heavy right-wing thrust, after the fiasco of the debate on national identity, which liberated racist speech, we believe that this new debate is biased, stigmatizing and may endanger social cohesion already largely undermined by the current politic.

While a great start of a movement for democracy takes place in Muslim countries, we condemn these recurring trials of Islam and all its representatives - or designated as such – as well as this rough manipulation of the principle of secularism.

Religious, believers and nonbelievers of Islamic heritage, but above all citizens, we reaffirm out loud our republican and secular beliefs. We let our united voices be heard today because we refuse to be scapegoats, victims of pernicious electoral strategies. And we demand to be treated as full part citizens and not as "individuals completely apart."
Although, we invite all French citizens to join us, to refuse this France about "them" and "us" and create a common future together.
"

 

 


The initiators of the Appeal
· Bouchera Azzouz, feminist activist
· Marc Cheb Sun, founder and editorial director of Respect Mag
· Anne Esambert, a senior official
· Bariza Khiari, Senator of Paris, Vice-President of the Parliamentary Assembly of the Mediterranean
· Ousmane Ndiaye, a journalist with Respect Mag

Among the first signatories *
· Farid Abdelkrim, stand-up artist
· Abd al Malik, rapper and writer
· Raymond Aubrac, a former second world war resistant
· Martine Aubry, the Socialist Party First Secretary
· Esther Benbassa, university academic
· Ghaleb Bencheikh, president of the World Conference of Religions for Peace
· Yamina Benguigui, movie director
· Tahar Ben Jelloun, writer
· Pierre Berge, entrepreneur and philanthropist
· Abdennour Bidar, philosopher
· Didier Billon, editor of the International and Strategic Journal
· Jane Birkin, actor and singer
· Pascal Blanchard, historian
· Pascal Boniface, director of the IRIS
· Bouakkaz Hamou, Collaborator of the Mayor of Paris
· Marouane Bouloudine, president of MOSAIC
· Alima Boumediene Thiery, Senator (Europe-Ecology-Greens)
· José Bové, MEP (Europe-Ecology-Greens)
· Branine Said, director of Oumma.Com
· Cabu, designer
· CFIC: Collective against Islamophobia in France
· Cerisier Ben Guigue, Senator of the French overseas
· Malek Chebel, anthropologist and philosopher
· Cheurfa Madani, general secretary of CEVIPOF
· Catherine Clement, philosopher and writer
· Daniel Cohn-Bendit, Senator (Europe-Ecology-Greens)
· Mohamed Colin, manager of Saphirnews
· Christian Delorme, a priest of the Diocese of Lyon
· Rokhaya Diallo, author
· Douhane Faisal, member of the National Council of Ps, club president Polethique
· Durpaire Francis, historian
· Ezzedine El Mestiri, Founder and manager of the New Consumer
· Laurent Fabius, Member of the Seine-Maritime PS
· Olivier Ferrand, president of Terra Nova
· Azzedine Gaci, president of Rhone-Alpes CRCM
· Vincent Geisser, sociologist
· Haidari Nasser, Collaborator of the Mayor of Marseille
· Mohammed Harbi, historian
· Bétoule Fekkar Lambiotte, international civil servant
· Dan Franck, writer
· Imhotep, architect of the musical group IAM
· Kechat Larbi, president of the mosque Adda'wa
· Khiari Saad, filmmaker-author
· Patrick Klugman, lawyer
· Jean Lacouture, writer and journalist
· Patrick Lozes, president of the CRAN
· Méhaignerie Laurence, president of Citizen Capital
· Fadila Mehal, president of Marianne diversity
· Miské Karim, director
· Gerard Mordillat, novelist and filmmaker
· Edgar Morin, sociologist and philosopher
· Pap Ndiaye, historian
· Tareq Oubrou, grand imam of Bordeaux
· Olivier Py, playwright and director
· Jean-Michel Quillardet, president of the International Observatory of secularism
· Tariq Ramadan, University academic
· Veronica Rieffel, director of the Institute of Islamic cultures
· Olivier Roy, Islamimologist
· Hafid Sekhri, a member of the CRCM-Rhone-Alpes, in charge of Inter-religious Dialogue
· Benjamin Stora, Historian
· Fode Sylla, president of the International SOS-Racisme
· Christiane Taubira, Deputy of Guyana
· Jean-Claude Tchicaya, spokesman of Duty of Memory
· Lilian Thuram, former footballer
· Françoise Vergès, historian
· Ludovic Lotfi Mohamed Zahed, founder and spokesman of HM2F (Homosexual Muslims of France)

* Discover all the signatory on www.respectmag.com


Contact:Marjoram Benard: @ marjolaine.benard group sos.org 01 58 30 55 34 / 06 30 30 34 84.

Tariq Ramadan and the homosexual Muslims of France


    We, members of the citizen network homosexual Muslims of France - HM2F - are de facto Muslims of France. In many ways we participate, in our everyday life, to the fight against all form of discriminations in respect of diversity, including against genders and sexualities’ discriminations, always in accordance with the spirit of the principles of a one and indivisible republic.

That's why we signed on March the 25th, the appeal of Respect Mag and the Nouvel Obs cons another debate about the secular values ​​we all share; a debate that would once again put Islam as the main subject of concern. We do not want our peaceful struggle, for the respect of our basic rights as individuals belonging to a visible sexual minority, to be used to exploit a political debate around Islam and secularism.

We, homosexual Muslims of France are advocating self-determination that everyone should realize, freely, according to its cultural and religious heritage and that to achieve its individual welfare, while respecting the diversity inherent to our republican French community. However we feel it is important to initiate this dialogue with as many intellectuals as possible, including those European Muslims like Tariq Ramadan, who says he wants to work now toward "the integration of minorities within Islam"; Muslims who must evolve, from our point of view, like the rest of our society, on the issue of equal rights accorded to sexual minorities.

We, who are at the forefront of the intellectual reflection about a possible reconciliation now between religious faith and individual freedom, are advocating dialogue with all the intellectual or religious forces, and associations, who want to Stop rise of all forms of extremism, of all religious or secular dogma that enclose Islam in a caricature; according to that caricature Muslims would inherently be misogynistic and homophobic citizens. We want to work together to develop a life together truly fraternal, egalitarian, secular, in a word : Republican.

Ludovic Mohamed Lotfi Zahed - founder and spokesman of HM2F,

Citizen network of the homosexual Muslims of France.




French religions gather to desapprove this debat (click here).


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COLLECTIF CITOYEN POUR UN ISLAM DE FRANCE VÉRITABLEMENT INCLUSIF, 

& UNE LAÏCITE VÉRITABLEMENT RESPECTUEUSE DE TOUTES LES CROYANCES.

Porte-parole, L.Zahed

Au plaisir de bientôt vous comptez parmi nous.
http://www.homosexuels-musulmans.org
homomusulmans@gmail.com



   

HM2F, notre collectif citoyen, est coordinateur international de la conférence internationale
CALEM - financée en 2012 par le conseil de l'Europe et qui reçu le prix
Pierre Guénin de SOS homophobie -,
membre de la Fédération LGBT, du RAVAD, de l'ILGA ;
membre des collectifs interassociatifs Pinar Selek et IPERGAY, et
membre fondateur du MTE.

Le collectif HM2F est l'aboutissement d'une collaboration fraternelle entre des homosexuel(le)s (ou des citoyens appartenant à d'autres minorités sexuelles visibles) : qu'elles ou qu'ils soient athés, de confession juive, de confession musulmane, chrétienne, bouddhiste ou autre... C'est une grande fierté !
Et nous fomentons le secret espoir à la face du Destin, que cette pluralité et ce "vivre ensemble" citoyen et collégial,
restera la pierre angulaire sur laquelle nous continuerons de bâtir nos projets communs, inch'Allah.