Les premières journées européennes des familles homoparentales se sont ouvertes vendredi à Paris avec l'objectif de faire avancer plusieurs revendications parmi lesquelles l'adoption.

L'association des parents gays et lesbiens (APGL), organisatrice de cette conférence - qui se terminera samedi soir - avec un réseau de 17 associations européennes homoparentales (NELFA), estime qu'en France 200.000 enfants sont élevés dans 80.000 à 100.000 familles homoparentales.

Mais, selon l'Institut national d'études démographiques (Ined), la fourchette se situait en 2005 entre 24.000 et 40.000 familles, en grande majorité des couples de femmes, soit moins de un pour cent du nombre total de couples.

Le droit à l'adoption, l'accès aux techniques de procréation médicalement assistée, une légalisation encadrée de la gestation pour autrui (mères porteuses) et la reconnaissance de la double filiation pour les parents homosexuels, par le mariage ou un pacte civil, constituent les principales revendications de ces familles.

La France, qui ne reconnaît pas le mariage entre personnes d'un même sexe, reste divisée sur l'homoparentalité, a souligné Philippe Rollandin, porte-parole de l'APGL, en marge d'un débat sur ce thème.






JEFH - Table ronde politique - vendredi 17 septembre 2010, 15h








Jean-Marie Cavada, député européen – Parti du Nouveau Centre

Monsieur Cavada commence par rappeler qu’en France, il est des causes pour lesquelles les politiques doivent avoir le courage d’être des précurseurs, par exemple :
- pour le droit à l’avortement
- pour l’abrogation de la peine de mort
Pour les droits et l'insertion complète dans la société des couples homosexuels, il en est de même ; il y a des moments ou le sursaut politiques doit agir pour que la société fonctionne "normalement" - sans violence qui finit par s'exprimer autrement. Ceci serait générateur de liberté et de bien être, dans l'intérêt des couples et des enfants. Personne ne devrait interdire à quelqu’un d'avoir un enfant. Qui plus est, comme l'homosexualité est encadrée par des lois la protégeant, alors il faut aller jusqu’au bout de ce raisonnement et accorder les même droits aux couples homoparentaux, avec les mêmes dispositions juridiques pour protéger les familles et l'enfant.
J.M. Cavada rappel que dans son parti politique c'est une opinion très controversée, mais partager par son chef de parti européen – le parti du nouveau centre. Et en cela le cadre européen peut être plus utile car il est supranational, plus rassurant et plus dépassionné.


Carme Porta, ministre des affaires familiales de catalogne - Espagne.

Madame Porta nous explique comme le gouvernement catalan a créer un programme d'accompagnement des couples homoparentaux, en l'occurrence depuis 3 ans, en collaboration bien entendu avec des associations LGBTQI nationales et internationales ? Car l’Espagne est un pays ou même si les minorités sexuelles ont le droits au mariage et à l’adoption etc. (comme un petit paradis selon certain-e-s). Néanmoins, il faudra visiblement du temps pour que la population générale comprennent totalement, et donc acceptent pleinement les couples homosexuels comme les égaux des couples hétérosexuels.
En cela l'Espagne observe des avancées notables en la matière, dans un pays qui fait figure de précurseur sur ces questions en Europe, notamment dans cette logique cohérente d'acceptation sans condition des minorités sexuelles et de lutte contre la lesbophobie, l'homophobie, la transphobie.
Le constat étant clair : il ne suffit pas de voter des lois, encore faut-il éduquer le corps social et appliquer au mieux ces lois au quotidien. En cela les tendances politiques des uns et des autres responsables politiques, n'aident pas toujours les couples homoparentaux dans telle ou telle circonscription d’Espagne.

Jean-louis Roumégas, porte-parole national des verts.

Monsieur Roumégas nous rappel le principe d'égalité des droits pour lesquels les verts militent ; le droit doit être a la hauteur de la réalité vécue par les couples déjà homoparentaux ; et à la hauteur de nos aspirations à l’égalité entre homos et hétéros ; enfin, il faut une harmonisation au niveau européen. Concernant le droit au mariage, contrairement a ce qui vient d'être dit les sondages tendent à montrer que les français sont majoritairement favorables au mariage homo, contrairement a ce qu'il en était pour l'avortement ou la peine de mort. Ce sont donc les politiques qui sont en retard, trop frileux, trop conservateurs pour des raisons électorales selon lui.
La question des mères porteuses doit être là aussi pour les verts celle d'une égalité des droits, sans pour autant faire l'impasse sur les questions ayant trait a l'encadrement a ce genre de pratique (ex : pas de mère porteuse payée pour ses "services").


Miguel Vale de Almeida, député européen et ministre portugais – parti socialiste.

Pour lui ce n'est pas une question de conservatisme, mais bien une question de stratégie politique de la part de la communauté LGBTQI. Le Portugal accorde aujourd’hui le droit au mariage mais pas l’adoption pour les couples homosexuels. Les militants LGBTQI ont commence par faire inclure dans leur constitution l'interdiction de toutes formes de discriminations envers les citoyens. Ensuite ils ont fait admettre, pour les hétérosexuels comme pour les gays, qu'un couple qui "de facto" vivant ensemble depuis deux ans, a les même droits que les couples mariés. Ensuite ils ont négociés le mariage, en refusant toute forme d’équivalent d’un pacs ou d'une union civile, qui aurait été une forme de compromis : ils ont mis la barre très haut et sont restés fermement campés sur leurs positions. Le grand combat aujourd’hui étant pour eux les droits a l'homoparentalité, pour les couples homoparentaux de même que pour les couples qui veulent le devenir. Il est très optimiste pour que cela soit possible dans les deux ou trois ans à venir, du moins au Portugal ; pour lui les données sociologiques comme politiques semblent converger vers cela. Monsieur de Almeida croit au potentiel éducatif des lois. Pour autant l'homophobie reste toujours tapie dans l'ombre ; il faut y aller pas à pas, car il y aura toujours quelqu’un pour dire « ok, vous pouvez vous marier mais pas procréer naturellement ou avoir des enfants par le biais de l’adoption ; « ok, vous pouvez faire ca mais pas ca »… En cela, certains homophobes irréductibles cherchent toujours à réduire les couples homosexuels à leur sexualité.



Najat vaillaud-belkacem - secrétaire nationale du parti socialiste français, en charge des questions de sociétés.
Qu'est ce qui bloque en France, lorsqu’on voit que ça avance si vite chez nos voisins !? On est souvent surpris par le nombre de conservatismes à affronter : religieux, politiques, mais aussi chez des gens soi disant très progressiste qui parlent de « lobby gays » – parfois des féministes elles-mêmes. Pourtant il n'est pas question de travailler en termes d'intérêt catégoriel, mais de travailler pour l'ensemble de la société qui profiterait d'une libéralisation des mœurs, de plus de liberté, plus d'égalité pour tous. Il faut tout simplement rejeter le jugement moral et normatif, du style « c'est la nature ». Ce qui importe c'est donc d'analyser l'état de nos sociétés ; selon l’INED ou l'
APGL, il y aurait entre 40 et 200 mille couples homoparentaux en France !
Ceux qui ont peur d'ouvrir une « brèche » n'ont rien compris. Et ceux qui s'y oppose aussi, n'ont rien compris a ce monde qui a déjà changé - coparentalités, pluri parentalités, pacs et union libre, etc.
D'autant plus que les français seraient prés de 57 % à être en faveur du droit à l’adoption pour les couples homosexuels. Pourtant l’état français refuse de changer. C'est le juge qui nous force à changer, mais seulement de manière parcellaire ; il y a des progrès en terme de lutte contre les discriminations, mais tout même en créant un cadre juridique incertain et incohérent, qui ne protège pas correctement ni les enfants ni le second parent.
Il faut convaincre sur deux blocages attendues :
- L’intérêt supérieur de l'enfant souvent évoqué, à propos des conséquences en grandissant dans un environnement affectifs stables, mais éloigné de la norme majoritaire. En cela l’on peut juger selon les études scientifiques, avec le recul de plusieurs décennies - jamais l’on a constaté d'impact selon les services sociaux ! Jamais cela n’a été un motif invoqué. Le vrai seul problème étant que les enfants souffrent des préjugés de leurs camarades, ou des autres parents. Le rôle de la loi devrait être de faire avancer la société ; il semblerait que ce soit l'inverse.
- Le second argument justifiant un tel conservatisme sur ces problématiques, c’est celui du droit à l'enfant souvent invoqué - en quelque sorte oui, il y a un droit à l’enfant puisque personne n'empêche une femme non stable (drogues, dépendances, instabilité émotionnelle...) d'avoir un enfant. Alors on pourrait parler plutôt d'un droit à la parentalité - la possibilité pour quiconque qui souhaite avoir un enfant, de se faire aider par la société. Ce ne serait pas une obligation de résultats mais bien une obligation de moyen !

 


Anne hidalgo, première adjointe au maire de paris.
Madame Hidalgo nous dit tout son soutien et réitère l'affirmation des convictions du maire de paris et de sa famille politique. Elle nous rappel que pour le parti socialiste, la famille est plus une construction sociale, plus qu'une construction d'après un « ordre naturelle ».
Et en cela la ville de paris qui est aussi un département, milite concrètement pour que, par exemple, les conseillers municipaux pacsé-e-s bénéficient des même droits et devoirs que les couples hétérosexuels.
Les femmes et les hommes politiques doivent également être des militants pour l'égalité des droits de chacun, et la lutte contre les discriminations. Il faut reconnaitre que la singularité de chacun enrichit le vivre ensemble pour tous les citoyens français.


Question du publique adressée a l'UMP qui n'est pas là :
En vertu de quoi certains politiques refusent l'égalité des droits aux minorités sexuelles. La loi française en effet refuse certains droits aux individus :
- aux mineurs non responsables, nous le sommes pas.
- aux malades mentaux, nous ne le sommes pas.
- aux criminels, nous ne le sommes pas.


Ps : à chaque fois l’UMP a bloqué les lois ou amendements sur le sujet. Qu'est ce que la droite au pouvoir prévoit en matière d'homoparentalité ? Monsieur Dominique paille n'étant pas la...
Les organisateurs nous disent regretter l'absence de l’UMP et le départ précipité de monsieur Cavadas.
Enfin, ils rappellent que les droits de l'être humains ne devraient rien a voir avec la couleur politiques ou les croyances ; que la lutte contre les discriminations profitent a l'ensemble de notre société. De ce point de vue la, nous sommes en retard en France















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COLLECTIF CITOYEN POUR UN ISLAM DE FRANCE VÉRITABLEMENT INCLUSIF, 

& UNE LAÏCITE VÉRITABLEMENT RESPECTUEUSE DE TOUTES LES CROYANCES.

Porte-parole, L.Zahed - 20 septembre 2010

Au plaisir de bientôt vous comptez parmi nous.
http://www.homosexuels-musulmans.org
homomusulmans@gmail.com



  

HM2F, notre collectif citoyen, est coordinateur international de la conférence internationale
CALEM - financée en 2012 par le conseil de l'Europe et qui reçu le prix
Pierre Guénin de SOS homophobie -,
membre de la Fédération LGBT, du RAVAD, de l'ILGA ;
membre des collectifs interassociatifs Pinar Selek et IPERGAY, et
membre fondateur du MTE.

Le collectif HM2F est l'aboutissement d'une collaboration fraternelle entre des homosexuel(le)s (ou des citoyens appartenant à d'autres minorités sexuelles visibles) : qu'elles ou qu'ils soient athés, de confession juive, de confession musulmane, chrétienne, bouddhiste ou autre... C'est une grande fierté !
Et nous fomentons le secret espoir à la face du Destin, que cette pluralité et ce "vivre ensemble" citoyen et collégial,
restera la pierre angulaire sur laquelle nous continuerons de bâtir nos projets communs, inch'Allah.